Oui au revenu de base!

photorbiLe peuple suisse votera prochainement sur le revenu de base inconditionnel. Cette conception, fondamentale, permettra de tendre vers une société plus juste et plus équilibrée. A l’instar de certains pays, la Suisse est face à son histoire.

Bien que non suffisant en matière de transformation fondamental de la société, le revenu de base universel est néanmoins nécessaire à celle-ci en raison des différents processus en cours :

1. Saturation du marché du travail

Arrêtons l’hypocrisie : Le marché du travail est à l’heure actuelle saturé. Face à l’évolution technologique, l’autonomisation et la hausse démographique, celui-ci se contractera encore et toujours ces prochaines années. Il en résultera un taux de chômage de plus en plus important. Or, le sentiment d’individualisation et de culpabilisation des travailleurs sans emploi s’en verra renforcé, pris dans l’engrenage de la précarité et de la machine à broyer.

2. Démantèlement des assurances sociales

Les assurances sociales subissent des attaques récurrentes de la part de différents milieux, aussi bien au niveau fédéral que cantonal. Cloisonnées en raison de leur évolution historique, basées notamment sur deux principes désuets (possibilité d’une société de pleine emploi/structures familiales traditionnelles), celles-ci font de surcroît les frais d’un démantèlement récurrent. Pour exemple et ce même au niveau cantonal, le Conseil d’Etat neuchâtelois, à majorité socialiste, a ainsi diminué les normes d’aides sociales, les mesures d’aides aux chômeurs en fin de droit et a augmenté le nombre global de pénalités. Face à la hausse irrémédiable du nombre de chômeurs, ces tendances de démantèlement s’accentueront au nom de leur besoin de financement.

3. Complexité du système social : sources d’endettement

La complexité du système social suisse et cantonale rend particulièrement difficile l’octroi de prestations. Pour exemple, les prestations complémentaires AVS ne sont pas automatiques. Pour certaines aides (AI, subsides LAMal, bourses d’étude,…), les délais peuvent atteindre 4 à 24 mois, générant par là même des risques d’endettement, de contentieux et de poursuites conséquents.

4. Financiarisation du système
Depuis le début des années deux mille, les taux de profits supplantent l’accumulation de richesse. Durant la seconde moitié du 20ème siècle, les risques au sein des entreprises étaient portés par les actionnaires (marges de profit, dividendes,…) et les travailleurs (masse salariale). Or, depuis une vingtaine d’année, les risques sont désormais principalement portés par les seconds (contraction de la masse salariale, afin d’assurer le maintien des taux de profit couplé à des produits dérivés inhérent à la financiarisation du système). Les disparités sociales ne cessent dès lors d’augmenter.

En conclusion, garantissant une assise financière stable aux individus et une simplification des procédures, le revenu de base inconditionnel permettra à chacun de vivre dignement. Il repositionnera les rapports entre employeurs et employés en renforçant la partie faible du contrat de travail [les travailleurs]. Il obligera à une meilleure répartition du temps de travail et des richesses globales. Bref, le RBI permettra en définitive de libérer les potentialités et de réorienter la production, tournée vers un développement équilibré de la société.

Ensemble, votons OUI au revenu de base!

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