NON à « No Billag » !

Les chaînes de radios et de télévision publiques jouent un rôle fondamental dans le bon fonctionnement de la démocratie. L’initiative « No Billag » s’attaque frontalement à la qualité et à l’offre médiatique suisse.

Les médias publics doivent rester de qualité et accessible à tous (même si son financement devrait être proportionnel au revenu dans la continuité des allégements pour les personnes âgées fragilisées). Pour rappel, la liberté de la presse coûte actuellement un franc par jour.

L’initiative accentuera inexorablement les inégalités sociales. Elle fragilisera le contenu des médias et supprimera le caractère universel de ceux-ci pour les personnes au revenu les plus faibles. Nous ne sommes pas des valets de certaines sociétés. Soyons maître de notre destin!

 




Remettre les pendules à l’heure

L’appel de la Chambre du commerce et de l’Industrie, et notamment de son président, membre d’une société horlogère, pour le refus du budget cantonal a de quoi surprendre. En effet et pour rappel, sans l’intervention massive de l’Etat fédéral, l’horlogerie aurait totalement disparu de l’Arc jurassien et en particulier des Montagnes neuchâteloises.

Au 20e siècle, l’horlogerie a été sauvée par une politique interventionnisme et dirigiste sans précédente de la part de la Confédération et des collectivités publiques. Participation publique au Capital des sociétés, prêts et subventions, légalisation du Cartel et du statut horloger, présence des pouvoirs publics au sein des Conseils d’administration des entreprises, l’Etat fédéral a maintenu artificiellement ce secteur face à la concurrence mondiale et contre le dogme du libéralisme.

Certaines sociétés, telles que les Fabriques d’assortiment réunies [F.A.R], ont bénéficié d’un positionnement quasi monopolistique, avec pour la petite histoire des représentants du mouvement ouvrier, imposé par la Confédération, au sein de leur Conseil d’administration.

D’autres secteurs n’ont pas eu cette chance, si l’on pense notamment à celui du chocolat (Klaus, Suchard,…), constituant pourtant un marqueur identitaire du pays.

Le processus de libéralisation qui caractérisa malheureusement le dernier tiers du 20e siècle, jugulé à la crise des taux de changes, provoqua, en quelques années, la perte de plus de la moitié des emplois horlogers en Suisse.

Vous l’aurez compris : Après avoir vécu et survécu grâce à l’Etat, il paraît pour le moins surprenant que la Chambre et certains de ses représentants horlogers, secteurs industriels le plus soutenu par les pouvoirs publics, soient dorénavant… les chantres du démantèlement et des allégements fiscaux.

 

DONZE, Pierre-Yves, Histoire de l’industrie horlogère suisse : De Jacques David à Nicolas Hayek (1850-2000), Editions Alphil – Presses universitaires suisses, Neuchâtel, 2009, p. 166 : Les emplois horlogers passent de 90’000 en 1970 à 47’000 en 1980, avant de plonger à 34’000 en 1990.