Le Locle bouge ! Culture, une ville en rayonnement

La culture constitue le « ciment social » de nos collectivités et de nos communautés humaines. Par la transmission des savoirs, le développement de l’esprit critique, la remise en cause de nos certitudes et la mutualisation de ce qui nous rassemble, nos institutions muséales contribuent au renforcement même de notre démocratie et de ses fondements.

La culture favorise ainsi la créativité et la diffusion des savoirs, participant au développement général de la société, au rayonnement et à l’attractivité de notre cité. 

Une institution muséale a ainsi pour missions :

  • La conservation
  • La restauration
  • La gestion
  • La présentation
  • La valorisation du patrimoine.

Les musées de la Mère commune

La culture en Ville du Locle est particulièrement importante et ce depuis plusieurs siècles. Sa concrétisation sous la forme institutionnelle prend ses origines au 19e siècle. En ses débuts, à savoir en 1858, les premières expositions sont généralistes, recoupant des domaines aussi divers que l’horlogerie, la faune ou l’histoire de la région. L’art semble toutefois absent de ces étals. Les expositions se tiennent une fois par année et ont lieu dans un collège, à savoir le collège industriel (précurseur de notre enseignement secondaire actuel). Progressivement, ces différents domaines vont prendre leur indépendance au bénéfice de lieux d’exposition propre. 

Le Château des Monts : le marqueur identitaire de la Suisse sur l'international

Le Musée d’horlogerie est issu d’un cabinet de curiosité créé en 1849. La petite collection passe du collège industriel à l’école d’horlogerie, qui voit le jour en 1868, puis au Technicum en 1902. La Seconde Guerre mondiale aura raison de cette petite collection, qui faute de place ne sera plus exposée.

C’est à partir de 1959 que, grâce à l’acquisition par la Ville du Château des Monts, qu’un véritable musée d’horlogerie ouvre ses portes.

Dans son écrin de verdure, qui devrait accueillir prochainement un arboretum, le musée d’horlogerie du Locle bénéficie de collections exceptionnelles, retraçant l’histoire de l’horlogerie.  

Le Musée des Beaux-Arts : l'esthétisme au service de la pratique

Le Musée des Beaux-Arts remonte à 1868, date de la première exposition, dans le collège industriel. Un nouveau bâtiment est construit en 1906, avant d’étendre ses activités dans un bâtiment voisin en 1931. Les espaces sont agrandis et rénovés en 2011.

Situé au sein même de l’urbanisme-horloger inscrit au patrimoine mondial de l’Humanité (UNESCO), l’institution constitue, avec l’ancienne poste, le pôle culturel et historique de la Ville.  

Fondée en 1862, la Société des Amis du Musée des Beaux-Arts (SMBA) soutient l’institution, notamment dans le cadre de sa promotion et des différentes expositions.

Crédit https://www.mbal.ch/le-mbal/

Le « ASS » – l’Art Snob Spéculatif – n’a pas sa place dans la vénérable institution. Bien au contraire, au bénéfice de nombreuses oeuvres dont la Confédération est dépositaire, l’institution promeut une culture artistique, expérimentale et populaire. Ces projets expérimentaux dialoguent avec les collections historiques et les artistes contemporains. Un espace ludique, dénommé « Marie-Anne-Calame », est dédié aux enfants et au développement de la créativité. 

Le Musée d'histoire du Col-des-Roches : Savoir d'où l'on vient dans un site d'exception

Le Musée d’histoire et son développement sont intrinsèquement liés à celui des Moulins souterrains du Col-des-Roches. Les Moulins ont été acquis par la Ville en 1884, mais le site est transformé, dès 1898, en abattoir-frontière. A sa fermeture en 1966, le site est pollué. En 1973, des passionnés vont réhabiliter la grotte et les Moulins durant près de quinze ans. En 2001, une exposition permanente sur l’histoire de la région est inaugurée. En 2012, les bâtiments sont communalisés.

L'Exomusée : Le Locle, Capital suisse des Arts picturaux de rues

L’Exomusée voit le jour en 2016 sous l’impulsion et le pilotage de la Luxor Factory. Le projet prévoit la réalisation d’une cinquantaine de fresques par des artistes de renommé mondiale, jusqu’en 2024 et s’inscrit dans l’optique « Le Locle, Capital suisse du Street Art« . 

Ce projet privé, soutenu par la Ville, constitue, depuis 2022, un USP (unique selling proposition). Il contribue à la valorisation de notre patrimoine urbain et à sortir l’art et la culture hors des murs. 

Bibliothèque des Jeunes et de la Ville : Lire, c'est bon pour la santé

La bibliothèque est fondée en 1830 à la cure du Locle par les pasteurs Andrié et Gélieu dans le cadre du 300e anniversaire de la Réforme. À partir de la République (1848), la bibliothèque est intégrée au collège industriel, puis déménage à l’Hôtel judiciaire, puis à nouveau au collège, à la Rue du Pont 1, en 1972, à Henri-Grandjean 1, puis, en 1983, dans ses locaux actuels à Daniel-Jeanrichard 38.

En 1970, une bibliothèque des Jeunes voit le jour à Crêt-Vaillant 37, avant de s’installer à Marie-Anne-Calame 15.

En 2023, l’Association des Amis de la bibliothèque est créée, soutenant l’institution. 

Les bibliothèques se trouvent actuellement sur deux sites. Un projet de regroupement est actuellement en discussion. Les bibliothèques ont pour mission la conservation de nombreux fonds d’exception et participe au vaste réseau RERO+. 

image_pdfGénérer un pdfimage_printImprimer

Le Locle et les arts urbains

Et si le Locle devenait l’un des lieux incontournables de la scène «Urban Art»? C’est le pari de la «Luxor Factory, Résidence-atelier pour artistes».

En moins de deux ans, plus d’une douzaine d’œuvres sont ainsi venues couvrir les murs de la Mère commune des Montagnes neuchâteloises. Responsables de La Luxor Factory, Sylvie et François Balmer déploient progressivement le concept «Le Locle, Musée à Ciel ouvert». Attirant nombre d’artistes internationaux tels que Nasty, Colomina, Lunar, NesPoon, Ardif, Levalet ou M. Chat, pour ne citer qu’eux, Le Locle peut se prévaloir de productions et réalisa- tions grandioses. Une œuvre monumentale du collectif d’artistes basé à Paris, MonkeyBird (retranscrivant des thèmes sociaux en fables murales, ndlr) accueille désormais touristes et citoyens sur la toute nouvelle gare des bus, les pistes cyclables et piétonnes du centre-ville.

Fresque de MonkeyBird sur la Place du 1er Août au Locle

Foisonnement créatif

Cet été encore, différents créateurs œuvreront à nouveau dans la cité. L’artiste suisse LPVD*A sera au rendez-vous. Pour cause de pandémie, certaines interventions prévues au printemps ont dû être différées. Néanmoins la venue de plusieurs grapheuses et grapheurs internationaux est en bonne voie. Soutenu notamment par nombre de propriétaires, le service de l’urbanisme et celui de la culture, ce projet «Urban Art» semble de sur- croît trouver, au sein de la population, l’adhésion de toutes et tous.

Ouverture sur la cité

Ouvert sur la cité, cet art engagé, parfois abstrait, souvent figuratif, se caractérise par son accessibilité et son esthétisme. On est loin de la violence symbolique que peuvent dégager – intentionnellement ou non  – certaines institutions muséales, élitistes, véritables repoussoirs pour les classes populaires.

Le musée des Beaux-Arts du Locle s’inscrit par ailleurs pleinement dans cette conception de musée ouvert sur la Ville. Sa conservatrice, Nathalie Herschdorfer, avait programmé il y a quelques années, le spectacle Les règles de l’Art, tiré du célèbre ouvrage du sociologue Pierre Bourdieu (1930- 2002). Celui-ci montrait les rouages et l’instrumentalisation de l’Art par les élites, tant sur le plan financier que politique. En 2019, Mme Herschdorfer offre une tribune au grapheur français Codex Urbanus, en collaboration avec «La Luxor Factory».

Jusqu’en septembre 2020, une exposition est dédiée à Chapatte et aux caricaturistes internationaux, agitateurs et vecteurs de conscience. Ce type de créations est d’autant plus important que certains ont payé de leur vie leur engagement ou ont été sacrifiés sur l’autel de la censure préventive, désormais préconisée par certains titres de la presse (New York Times).

De plus, le musée expose régulièrement de manière extra-muros des photographies monumentales le long de la rue Marie-Anne-Calame. Il est vrai que la marque de fabrique du musée des Beaux-Arts du Locle et de sa conservatrice reste la photographie. Accessible, bien qu’exigeant, ce matériel permet de démystifier le capital culturel des dominants en démocratisant la culture, voire, à terme, en la popularisant. Avec «Le Locle, Musée à Ciel ouvert» et le patrimoine loclois et chaux-de-fonniers inscrit à l’UNESCO, l’été sera culturel dans les Montagnes neuchâteloises, l’art se réappropriant la rue.

Article paru le 3 juillet 2020 dans le Journal Gauchebdo.

image_pdfGénérer un pdfimage_printImprimer