Caisses vides… poches pleines

Certes, certaines propositions du nouveau projet fiscal du Conseil d’Etat sont judicieuses. De plus, la recherche des équilibres peut parfois s’avérer difficile. Il n’en reste pas moins que le nouveau projet fiscal s’écarte globalement du cercle vertueux d’une plus juste répartition des richesses pour privilégier le cercle vicieux d’une accentuation des disparités et du démantèlement social.
 
Après le hold up de 2013, une nouvelle réforme fiscale se prépare. Son contenu : Réduction massive de l’impôt sur le capital et du bénéfice des entreprises ; maintien des allégements fiscaux, sans moyen de contrôle, et mise en place, pour les personnes morales, d’un nouvel appareillage de défalcations possibles ; Pour les personnes physiques, diminution du taux fiscal pour les revenus les plus riches. La manne issue de l’imposition sur le capital et le bénéfice représente désormais moins d’un sixième de l’ensemble des revenus (personnes morales et physiques confondues). Bref, le transfert de la charge fiscale du capital au travail ne cesse de s’accentuer.
 
La politique des caisses vides prônée insidieusement par certains milieux est d’autant plus scandaleuse que les richesses créées ne cessent d’augmenter et échappent aux travailleurs et travailleuses, aux citoyens et citoyennes. De plus, dans leur recherche constante de profît, certaines entreprises recourent de manière non pas complémentaire, mais massive à la main d’œuvre frontalière. Bien que nécessaire l’apport des travailleurs frontaliers, s’il n’est pas régulé, est une aubaine pour le patronat par la pression qu’il exerce sur les salaires.
 
Si certaines entreprises ont pris le tournant du « management » responsable, d’autres, par le biais de leur organisation faîtière, s’entêtent à maintenir leur équation cataclysmique : moins d’impôts pour les riches ; moins d’impôts pour les entreprises ; moins de salaires pour les travailleurs ; moins de revenu pour les collectivités = démantèlement social annoncé.
 
A l’instar de Cocteau, le libéralisme et l’individualisme de certains est tel, qu’on ne doit plus parler de disciples, mais bel et bien de voleurs. Reste que, par leur conscience, les travailleurs et travailleuses, les citoyens et citoyennes en seront les gendarmes et le salut final du bien général.
 
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L’effet rebond… quand il n’y en a plus, y en a encore (plus) !

L’effet rebond ou paradoxe de Jevons est un principe économique qui désigne une augmentation de la consommation résultant d’une consommation plus économe des ressources utilisées pour certains biens. Ainsi, il peut s’avérer qu’une meilleure efficacité économique, technologique ou énergétique par exemple dans la production d’un bien induit une augmentation globale de la quantité de biens. 

Ce paradoxe avait été mis en évidence par William Stanley Jevons (1835-1882) sur l’utilisation du charbon. Plus les machines à vapeur devenaient performantes et moins énergivores, plus la consommation globale de charbon aurait dû diminuer. Or, il n’en fut rien : la quantité de machines à vapeur à exploser et la consommation de charbon également. 

À l’heure actuelle, la protection du climat est un enjeu considérable, voire vital. Or, la pensée magique dans l’existence de sauts ou d’améliorations technologiques nous laisse croire à une diminution de notre consommation d’énergie. Dans les faits, l’effet rebond montre que les économies réalisées sont affectées très rapidement sur d’autres biens générant par là même une augmentation globale de notre consommation énergétique. L’effet rebond entraîne alors sur surconsommation. 

Les exemples sont multiples. Les sacs en polyéthylène à usage unique particulièrement et à juste titre décriés ont été remplacés par des sacs en coton réutilisables. Or, la production et la distribution de ces derniers ont alors explosé ! Il s’est avéré par la suite que les sacs en coton devaient être utilisés plus de 7’000 fois pour être plus écologique. La diminution des sacs en polyéthylène a provoqué alors une surconsommation des sacs en coton.   

Ce paradoxe montre que seule une diminution de notre consommation de biens permette une diminution de notre consommation d’énergie.  

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