Dessine-moi un canton

riches-et-pauvres2« Dessine-moi un canton », tel était le thème des 12ème « Rencontres de Décembre » au Club 44 de La Chaux-de-Fonds. Thème prometteur s’il en est, celui-ci s’est pourtant principalement limité à la question du TransRun. Découlant d’un large consensus, les protagonistes ont rappelé, à juste titre, la nécessité d’une telle réalisation, permettant de raccourcir le temps de parcours en transports publics entre Neuchâtel et La Chaux-de-Fonds.  

Pour rappel, différents projets sont en cours dans le canton de Neuchâtel, notamment au niveau de la « mobilité physique ». Ainsi, le projet d’agglomération et le TransRun font figure de moteur dans ce domaine. Ils permettront de favoriser les déplacements (intra et intercantonaux, voir internationaux avec le projet d’agglomération urbaine du Doubs et la possibilité de se rattacher à la Franche-Compté) tout en désengorgeant les Montagnes neuchâteloises et l’Arc jurassien.

De plus, première priorité pour la Mère commune, le projet de contournement routier des Villes du Locle et de La Chaux-de-Fonds permettra de libérer des espaces pour les transports publics et d’améliorer fortement la qualité de vie.  

Toutefois, cloisonné sur le thème de la « mobilité physique », le débat a cependant éludé une problématique bien plus fondamentale pour l’avenir du canton, à savoir… la mobilité sociale. En effet, bien que le canton de Neuchâtel n’ait jamais dégagé autant de richesse, jamais les disparités sociales n’ont été si importantes. Pour preuve, les dépenses liées à l’aide sociale, qui, malgré une baisse candaleuse des prestations individuelles, ont tout simplement explosé. Ainsi, celles-ci sont passées entre 1992 et 2010, de 3 à 100 millions de francs. Cette situation s’explique notamment par la structure socio-économique de la population neuchâteloise (famille monoparentale, bas revenus, chômage des jeunes,…), caractérisée par sa forte urbanitée.

Les investissements relatifs au financement du TransRun, projet nécessaire et extrêmement important, ne doivent cependant pas se faire au détriment des dépenses sociales. La constitution d’un fonds spécifique au financement de cette infrastructure et des taxes affectées (par exemple sur les parcs des centres commerciaux, gros générateurs de trafic) doivent donc rapidement se mettre en place pour financer la part cantonale. Il en va d’ailleurs de la possibilité même de faire passer le projet devant le peuple.

Favorisant les échanges de capitaux (et non leur répartition), la problématique de la mobilité physique ne doit par conséquent pas supplanter celle de la mobilité sociale, ce d’autant plus qu’elles sont intrinsèquement liées à de nombreux domaines (accessibilité des bas revenus aux transports publics, libéralisation programée des infrastructures,…) Bref, le développement du canton se fera avec tous,… où il ne se fera pas.

Pour dessiner le canton de demain, il est grand temps de s’atteler à la lutte contre la précarisation dans le canton.

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James Guillaume

guillaume1La place dite « Bournot-Andrié » a désormais un nom : James Guillaume.

Fils d’un Conseiller d’Etat neuchâtelois, James Guillaume a vécu au Locle de 1864 à 1878. Père de la pensée libertaire, James Guillaume créa la première section de l’Internationale dans la Mère commune et fut l’éditeur du Journal « le Progrès » et du « Bulletin de la Fédération jurassienne ».

Philosophe et pédagogue, on lui doit la traduction de l’abrégé du Capital, encore et toujours rééditée.

Cette proposition émanait de notre camarade Danièle Cramatte et fut, non sans mal, acceptée par le Conseil général. Hormis quelques voix disparates et minoritaires chez les Verts et au PS, l’ensemble de la gauche accepta au final la dénomination de cette place. 

RUN

Lors de cette séance, le débat sur le rapport RUN, soumis à l’ensemble des communes et du Grand Conseil, et le fonds d’agglomération fut relativement long.

Le POP déconça un retour sur investissement particulièrement faible, compte tenu des moyens investis.

Le président du parti libéral, Claude Dubois, y dénonça lui aussi la diminution subite des subventions, passant de 35% à près de 17% pour la quasi totalité des mesures et la manière de camoufler cette situation pour le RUN.

Si elle est louable, la stratégie RUN, consistant entre autre à coordonner le développement de la mobilité dans le cadre des agglomérations, connaît néanmoins de nombreux problèmes, dont un déficit démocratique. Cela ne pourra plus continuer bien longtemps ainsi.

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