Diogène de Sinope (dit le « Cynique »)

Et si toutes nos conventions n’étaient autres qu’un artifice, arrangement entre les puissants imposé aux faibles. Les Cyniques, c’est-à-dire les chiens (en grec « knycos »), proposent une inversion de nos valeurs. Vivant dans un tonneau, Diogène répond à Alexandre Le Grand, « Ôtes-toi de mon Soleil ! ». Pour lui, que tu sois riche ou puissant, tu ne vaux pas plus qu’un simple habitant de notre planète. Pour Diogène, la simplicité est la vision de l’éternité.
Les gens pissent, se masturbent et vivent leur « sexualité » comme ils leur semblent. Élève d’Antisthène (av. 440-362), Diogène (av. 413-323), ou son père, falsifiait de la monnaie. Certes, selon notre réalité, cela n’est pas convenable. Mais dans les faits et selon le philosophe, c’est la monnaie qui falsifie la réalité et par là-même nos relations sociales.
Vivant en toute simplicité, voir dans une pauvreté assumée, Diogène est la main qui se tend vers toi. La main qui n’a plus rien et qui pourtant te rattache à l’humanité.
Il s’opposait à « l’élitisme » de Platon. Ce dernier décrivait Diogène comme « un Socrate devenu fou ».
Pour le philosophe, il s’agit de vivre en conformité avec la nature. Il n’y a ni Dieu – dont Diogène profane et abuse des offrandes en les ramassant et les mangeant -, ni puissants. Pour la première fois dans l’histoire, un personnage se proclame « citoyen du Monde ».